...Il se produit alors un renversement total des perspectives.
Les lignes de fuite ont disparu.
Toutes les lignes architecturales de l’église convergent sur nous-mêmes et nous pénètrent.
C’est une véritable conversion, dans toutes les acceptions du terme.
L'infini n'est plus un point imaginaire situé quelque part sur la ligne d'horizon, vers un au-delà pratiquement inaccessible.
L'infini est en nous. C'est en nous-mêmes que se situe le lieu géométrique d'unification de cette construction sacrée.
Le centre de la croix tridimensionnelle invisible, autour de laquelle s'édifie cette architecture est en nous.
Nous sommes intégrés à la construction pour devenir nous aussi une demeure de Dieu dans l'esprit.
Tel est le message spirituel légué par les bâtisseurs d'églises du Moyen-âge : c’est du cœur des êtres qu’émanent et rayonnent indéfiniment les reflets de l'énergie divine qui créé, soutient et anime sans cesse l'univers.
Les œuvres d'art, particulièrement de l'Art Roman, n'ont pas de significations littérales ou objectives. Elles ne sont que les expressions symboliques et subjectives des sentiments et de la pensée de ceux qui les ont réalisées, ce qui ne les empêche pas d'exprimer des réalités qui répondent encore aux multiples aspirations spirituelles des hommes d'aujourd'hui.
En elles se réunissent toujours le ciel et la terre, la matière et l'esprit, la nature et la culture, le réel et le rêve, l'inconscient et la conscience, par qui les choses sont.
Loin de moi l'idée de m'engager dans un discours métaphysique, mais juste stimuler une réflexion.
Considérant le tronc commun aux spiritualités les plus répandues que sont l'hindouisme, le bouddhisme et même le taoïsme, qui prônent plus ou moins les mêmes valeurs que le christianisme, avec entre autre, l'abandon de son égo (dans un espace temporel, la vraie Vie, avec un Début, un Milieu et une Fin) pour accéder à un autre plan de conscience (spirituel) , condition "sine qua non", permettant d'atteindre cet état d'extase et de béatitude (voir les représentations de Bouddha et des saints canoniques).
Il semblerait que le message des évangiles, (très confus car il a d'abord été traduit de l'araméen en grec ancien, puis en latin, avant de nous parvenir en format poche) cherche à nous donner les clés pour y accéder.
Mais les métaphores et paraboles qui sont utilisées, afin de généraliser au mieux le concept, sont loin d'être abordables et absorbables par le commun des mortels; disons le....on s'ennuie ferme le dimanche à l'église!
Le rituel de célébration des messes, bien que périodiquement réformé, étant codifié depuis le XVIe siècle ne fait rien pour améliorer les choses.
Aussi, il se pourrait qu'à la lecture de ce texte, on puisse envisager d'une certaine façon que les bâtisseurs de cette époque aient tenté de mieux faire ressentir aux non-initiés, d'une manière plus vicérale, organique pourra-t-on dire, cet éveil spirituel qui mène à la vie éternelle, puisque intemporelle, ce concept du Royaume de Dieu... qui est en chacun de nous, pour reprendre la réponse de Jésus aux pharisiens.(St Luc, Chapitre XVII vers.21)
Enfin moi je dis ça....
Puisse cet article sur les «Mytères de l'Art Roman » permettre aux lecteurs une autre perception de ces choses, pour mieux cerner les dimensions symboliques de son architecture et d'en découvrir les vraies valeurs.

Date de dernière mise à jour : 05/04/2026
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